RECHERCHE, ÉVÉNEMENTS & COMMUNICATION

RECHERCHE

DES MOTS, DES PENSÉES, DES RÉFLEXIONS FRANÇAISES EN CHINE ET EN CHINOIS 

Depuis le mois de novembre 2020, E-ART donne la parole à un chercheur, philosophe, artiste, architecte, une personnalité française du monde de l’art, de la culture, du design, de l’architecture ou des sciences sociales pour s’exprimer et amorcer un dialogue avec leurs homologues en Chine. 

E-ART 2052 est une plateforme de publication et de diffusion sur les réseaux sociaux chinois qui permet d’offrir des échanges entre deux cultures, entre la pensée occidentale et chinoise, entre deux visions du monde.

En retour, des personnalités chinoises réagissent aux articles et échangent avec son auteur.  E-ART se fait le passeur, le point de connexion inter-culturel entre des pensées et des réflexions françaises et chinoises.

LIGNE ÉDITORIALE E-ART 2052 

Que faisons-nous de nos valeurs ? Comment agir dans un monde en mutation ? Avec qui ? Qui sont les personnes, les acteurs, les pays avec qui nous pouvons dialoguer ? Comment influer à notre échelle ?  

En créant « E-ART 2052 », nous souhaitons valoriser en Chine toutes les réflexions, tous les projets économiques et industriels, sociaux et philosophiques, créatifs et artistiques, architecturaux et urbains, technologiques et numériques qui valorisent la transition écologique et permettent d’apporter une vision du monde de demain. 

D’un système de gouvernance à une forme intelligence artificielle, d’une économie circulaire particulière à de nouveaux modes de mobilité, E-ART 2052 souhaite mettre en lumière diverses pensées contributives, divers les projets et initiatives vertueuses et originales. 

Parce que les enjeux de ces changements sont aussi artistiques et  théoriques en deçà et au-delà de l'échelle des nations, nous devons partager nos réflexions, nos idées, nos solutions. Nous devons aller au-delà de nos frontières pour convaincre les acteurs qui ont la capacité à agir à l’échelle de la planète. Ces acteurs sont les grandes puissances telles que l’Europe, les États-Unis d’Amérique et la Chine, ...  Mais surtout des chinois des français, des européens, des suisses (…), des personnes engagées dans la culture comme terrain de recherche. E-ART est profondément portée par « ses » deux pays d’attache, et plus encore par ses liens à des créateurs et des chercheurs, aux lieux qui les accompagnent, aux situations transculturelles qu’ils investissent.

À notre échelle, nous pouvons aider un peu plus à convaincre, à apporter des solutions qui peuvent dessiner une société plus responsable, moins prodigue, aux techniques mieux adaptées, respectueuses de l’environnement et attentives aux besoins de chaque nation. L’objectif est capital et les réflexions pour y parvenir sont passionnantes.

Discutons ! Échangeons ! Que les mots puissent nous permettre, à notre échelle, d’influencer, d’inventer ensemble un nouveau modèle de société, alternatif, compatible avec des modes de vie respectueux des peuples et de la transition écologique.

Que nos mots soient dans ce projet de diffusion de pensées et de réflexions, des leviers d’un changement responsable pour les générations futures.

LAN Ting et Bernard MOÏSE - Co-direction E-ART

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Mathias ROLLOT - Architecte

Mai 2021


Biographie : Mathias Rollot a reçu une formation d'architecte et  vit et travaille aujourd'hui en tant qu'enseignant-chercheur à Nancy. Il est chercheur permanent au Laboratoire d'Histoire de l'Architecture Contemporaine (LHAC) et membre associé de l’Observatoire de la Condition Suburbaine (OCS). Ses recherches appartiennent au champ des humanités écologiques, et portent notamment sur l’habitabilité, le biorégionalisme et l'éthique architecturale. En tant qu’auteur, traducteur et éditeur, Mathias Rollot a ainsi publié plus d’une quinzaine d’ouvrages sur les relations entre l’architecture et les mondes contemporains, dont notamment L’obsolescence (Métispresses, 2016), Critique de l’habitabilité (L&S, 2017), Les territoires du vivant (François Bourin, 2018) et Qu’est-ce qu’une biorégion ? (Wildproject, 2021).


Publication de deux articles traduits et édités en chinois sur les réseaux sociaux en Chine par l'équipe E-ART.

- Nombre de mots : 17 000 mots

-  Nombre de lecture : plus de 5K

EXTRAIT :


Cela fait plus d’un siècle maintenant que les milieux scientifiques alertent sur le devenir écologique de notre biosphère et ses écosystèmes. Voilà plus d’un demi-siècle que ces discussions sont passés dans les domaines politiques et universitaires, et plusieurs décennies encore que les journalistes s’en font largement l’écho auprès du grand public de la plupart des pays occidentaux. De sorte qu’il est désormais devenu tout à fait banal d’entendre débattre « d’écologie » – quoi que cela puisse signifier dans l’esprit de chacun. Chaque année pourtant, la situation empire ; chaque mois l’empreinte carbone globale de l’humanité augmente ; chaque semaine de nouvelles inventions, technologies et autres gadgets plus ou moins inutiles et surtout plus polluants émergent des usines et s’étalent un peu plus sur les rayons de supermarchés toujours plus démesurés ; chaque jour les nouvelles concernant l’état de santé de la Terre et des terrestres est plus alarmant. En tant qu’architecte, qu’enseignant et chercheur en architecture, j’ai consacré de mon énergie à travailler sur cette situation catastrophique et ses conséquences sur ma discipline, ses théories et pratiques. Mais quelle banalité ! Comment faire autrement vu le contexte ? Peut-on vraiment faire autrement, peut-on encore faire comme si de rien n’était, sans tomber dans l’immoralité  la plus totale ?


Philippe RAHM - Spécialiste de l'architecture météorologique

Avril 2021


Biographie : Philippe Rahm est un architecte suisse diplômé de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne en 1993, docteur en architecture de l’Université de Paris-Saclay en 2019, dont l'agence «Philippe Rahm architectes» est établie depuis 2008 à Paris. Son travail qui étend le champ de l'architecture entre le physiologique et le météorologique, a acquis une audience internationale dans le contexte du développement durable. Il est lauréat du concours pour le Parc Central de Taichung à Taiwan en 2011 (avec Mosbach paysagistes) et pour le nouveau quartier de Farini à Milan en 2019 (avec OMA).


Publication de deux articles traduits et édités en chinois sur les réseaux sociaux en Chine par l'équipe E-ART.

- Nombre de mots : 5000 mots

-  Nombre de lecture : plus de 7K

EXTRAIT :


Nous sommes donc aujourd’hui à un tournant, celui où on doit réinventer les modalités de l’architecture et de l’urbanisme, où face à la violence du réchauffement climatique et ses auxiliaires caniculaires et polluants, face aussi au retour des épidémies. Il est important de comprendre pourquoi et comment les hommes ont agi et réagi, urbanisé et bâti face à la chaleur ou au froid, face à la maladie ou à la bonne santé, face à l’opulence alimentaire ou à la famine. Cette histoire de l’architecture est le socle d’une nouvelle pratique architecturale, qui retrouve ses fondamentaux climatiques, énergétiques, sanitaires, dont l’urgence est aujourd’hui principalement celle-ci : dépasser la dépendance aux énergies fossiles, réduire les émissions de CO2, et contrer les canicules et la pollution de l’air. 


Jean-Claude RUANO BORBALAN - Président de L'Institut Européen d'Education et de Politique Sociale

Janvier 2021

Biographie : Jean-Claude Ruano-Borbalan a obtenu son doctorat en Histoire Sociale à l'Université Paris Sorbonne dans le domaine de l’histoire des réformes et de la gouvernance scolaire. Il est professeur du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) à Paris où il dirige le laboratoire d’histoire des techno-sciences en société. Membre de l’équipe de direction de l’Ecole Doctorale, il est directeur du département/ EPN innovation du Cnam. Il est également responsable de la recherche au Centre Michel Serres pour l’innovation HESAM. Il est membre du labex Hastec-PSL, du réseau de recherche en Innovation, ainsi que de l’Institut Francilien d’innovation en société. 


Publication de deux articles traduits et édités en chinois sur les réseaux sociaux en Chine par l'équipe E-ART.

- Nombre de mots : 5000 mots

-  Nombre de lecture : plus de 5K

EXTRAIT :


La question de notre temps n’est pas, en tout cas pas seulement- de développer l’innovation et la compétition entre firmes ou la « créativité » entrepreneuriale et individuelle. Nous le savons tous : dans son agenda 2030, l’ONU a identifié 17 objectifs essentiels pour un avenir « soutenable ». Parmi ces grands objectifs, on trouve deux types de questions, fortement connectées :  d’une part, la réduction des inégalités et, d’autre part, la nécessité de transitions écologique. Cette dernière est devenue essentielle dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques contemporaines, comme l’indique l’intitulé éponyme ( ministère de la transition écologique ) d’un ministère en France par exemple. Pour la Chine, dans un registre différent, c’est en 2012 lors du 18e Congrès national du Parti communiste chinois (PCC), qu’a été mise en avant la construction d’une « civilisation écologique » qui indiquait que pour les autorités chinoises, la protection de l’environnement et la gestion des énergies sont liées aux performances économiques du pays. La Chine, depuis, insiste sur le besoin de « construction d’une société qui assure la conservation des ressources et développe une conscience écologique ». 


Jean Louis FRECHIN - Designer

Décembre 2020

Biographie : Jean-Louis Fréchin est un designer français contemporain. Architecte DPLG et designer diplômé de l’Ensci, il a très tôt embrassé la mutation numérique. Pour lui, le design est une attitude, un prisme pour comprendre et interroger le monde pour élargir le champ de ce qui est « possible », « souhaitable » et « durable » sans perdre les valeurs fondamentales du design : signification, simplicité et émotion au service de la vie. Après différentes expériences dans la recherche informatique, l’édition multimédia et le design global, il crée en 2001 une agence de design singulière NoDesign.net. 


Publication de deux articles traduits et édités en chinois sur les réseaux sociaux en Chine par l'équipe E-ART.

- Nombre de mots/article : de 10 000 mots

-  Nombre de lecture : plus de 8K

EXTRAIT :


Le design pourrait être défini à la fois comme une activité de conception innovante et de création impliquée qui s’attache à aménager, créer et produire le lien entre les technologies et les objets pour l’homme et son environnement. Il doit se transformer pour répondre aux enjeux, et aux défis de la révolution numérique. Ainsi, le design du numérique est l’application du processus innovant du design sur les produits et services issus des technologies de l’information et de la communication. L’immensité des possibles a justifié de nouvelles missions pour le design et a souligné le caractère périssable des dénominations spécialisées à l’exemple de web designers. Le design change, il est alors nécessaire de saisir ce sujet pour penser, concevoir, et créer un chemin original de construction pour celui-ci. L’interface et l’interaction du design numérique n’est pas concevable sans esthétisme et vecteur émotionnel. Le design est l’Interpénétration profonde de l’art et de l’industrie, et un créateur des nouveaux langages contemporains et de valeurs économiques et sociales.


Nicolas Nova - Antropologue des cultures numériques

Novembre 2020

Biographie : Nicolas Nova est professeur associé à la Haute-Ecole d'Art et de Design (HEAD – Genève) où il enseigne l'anthropologie des techniques, l’ethnographie appliquée au design et les enjeux contemporains du numérique. Il est également co-fondateur du Near Future Laboratory, une agence de prospective et d’innovation impliquée dans des projets de design fiction. 


Publication de deux articles traduits et édités en chinois, sur les réseaux sociaux en Chine, par l'équipe E-ART.

- Nombre de mots/article : 4000 mots

- Nombre de lecture : 6K

EXTRAIT :

De plus en plus d’œuvres artistiques, de contenus culturels, et plus largement d’artefacts intellectuels, sont créées de façon automatique par des machines. Des techniques d’intelligence artificielle comme l’apprentissage automatique (Deep Learning) aux développements d’algorithmes génératifs, les possibilités sont multiples, et pas une semaine ne passe sans que l’on ne découvre la création d’une symphonie musicale recréée par une IA, de créations graphiques ou de photographies produites par des machines. Tous ces projets, dont nous verrons plus loin plusieurs exemples interpellent d’un point de vue esthétique, mais également philosophique. Est-ce à dire que les machines créent ? Qu’elles peuvent reproduire cette capacité que l’on pensait humaine d’idéation et d’imagination ? Qu’elles seraient autonomes ? Et si ce n’est pas le cas, quel rôle les machines ont-elles ? S’agit-il de simples outils ? Et au fond, qui écrit ces algorithmes, sur la base de quelles décisions ? Ces questions ne datent évidemment pas d’aujourd’hui, puisqu’elles resurgissent avec chaque vague de développement technologique. Mais l’époque actuelle, et en particulier le regain d’intérêt pour le domaine de l’intelligence artificielle vient renouveler ces interrogations de manière saillante. Également, car nous vivons une période d’ébullition de production dans les champs de l’art, du design, et de ce domaine fluctuant qu’est le new media art. Au-delà de la panique morale qui tétanise certains critiques, en effaçant les frontières entre créateur et outils, les multiples travaux artistiques dans ce domaine questionnent aussi sur la place des artistes dans un monde technologique. Si tout un pan du monde artistique se sent désarçonné par de telles formes de création, d’autres soulignent l’importance de ces projets. Car en parallèle de considérations esthétiques ou propres à l’art, ces travaux illustrent les manières dont artistes et designers se réapproprient ces objets techniques complexes que sont les techniques d’intelligence artificielle ou les algorithmes génératifs pour des usages très éloignés de ce pour quoi ces systèmes ont été inventés. Ils montrent ainsi que le monde des techniques contemporain n’est pas qu’une affaire d’ingénieur, d’efficacité et d’optimisation, mais aussi une création sensible, singulière et parfois poétique.